Monbazillac

 

Quand noblesse rime avec raisin

D’inspiration médiévale et Renaissance, le château domine fièrement le vignoble de ses mâchicoulis, créneaux et tours circulaires. Construit par Charles d’Aydie au XVIe siècle, épargné par la Révolution française et finalement racheté en 1960 par la cave coopérative de Monbazillac, son destin a toujours été lié au fleuron des vins liquoreux.

Quoi de plus logique qu’un symbole de la noblesse soit devenu l’emblème d’un vin prestigieux élaboré à partir de pourriture… noble ?

 

Les fées se sont penchées sur son berceau

Si le Monbazillac est devenu le plus grand vignoble de liquoreux, ce n’est pas le fruit du hasard. Et pourtant la légende raconte que le précieux nectar serait né d’un… oubli ! Au XIe siècle, les moines de l’abbaye de Saint-Martin auraient tout simplement laissé passer le temps des vendanges, et ramassé le raisin tardivement malgré une maturité fort avancée. Ainsi serait né le premier vin liquoreux de Monbazillac ! C’est pendant la période située en 1650 et 1750, nommée le « siècle hollandais », que les vins de Monbazillac acquièrent une notoriété au-delà des frontières. Elevé sur les coteaux pentus en bordure de la Dordogne, les cépages qui le composent (Sauvignon, Sémillon et Muscadelle) jouissent de conditions idéales pour développer le Botrytis cinerea, indispensable au processus de concentration en sucre du raisin. L’exposition au Nord et la proximité de la Dordogne favorisent les brouillards et l’épanouissement de la pourriture noble. Cette conjonction de circonstances heureuses est l’apanage des vins liquoreux, et ce depuis des siècles.

 

Le champion de la gastronomie

Elaborer ce nectar aux reflets d’or n’est pas une mince affaire. Tout le mérite en revient aux générations de vignerons qui, au fil des siècles, en vendangeant minutieusement à la main en plusieurs passages (tries successives) pour sélectionner les grains « nobles », ont su amener le Monbazillac à un équilibre incomparable entre fraicheur, suavité, velouté et délicatesse. Plus grand vignoble de liquoreux au monde en termes de surface d’exploitation, le Monbazillac est considéré à juste titre comme l’un des meilleurs. Sa tonalité sucrée et sa grande capacité d’adaptation lui confèrent une modernité qui lui permet d’accompagner tout un repas. Irréprochable sur un foie gras, il se marie à la perfection avec des desserts fruités, notamment les fraises du Périgord. Les plus gourmands le dégusteront tout simplement seul, pour en apprécier pleinement ses merveilleux secrets : des arômes de miel, de fleurs d’acacia, avec des notes de mirabelle et d’agrumes confits…